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jeudi 23 janvier 2020
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Rumeurs de coup d’État en Mauritanie, bras de fer entre le président Ghazouani et son prédécesseur Aziz

Des informations faisant état d’une tentative avortée de coup d’État, à la veille de la commémoration du 59ème anniversaire de l’indépendance de la Mauritanie, se sont répandues la semaine dernière comme une traînée de poudre à Nouakchott. Les autorités se sont empressées de démentir ce qu’elles ont qualifié d’« intox ». Une « intox » qui a évoqué aussi une série de limogeages dans l’armée.

Le premier à avoir brisé le silence est le ministre de la Défense, Hanana Oul Sidi. Il a balayé d’un revers de la main « les rumeurs persistantes répandues dans ce sens ». « Il n’y a pas eu de tentative de coup d’État ni de faille sécuritaire en Mauritanie », a-t-il insisté lors d’une réunion avec les membres d’une commission financière du Parlement, samedi, à Nouakchott. Hanana Oul Sidi a expliqué que « les mutations opérées au sein du bataillon de sécurité présidentielle, y compris le limogeage de son commandant et de ses principaux officiers supérieurs, sont des mesures routinières et habituelles ».

Ces rumeurs de coup d’État interviennent au lendemain de ce qui a été présenté par les médias mauritaniens comme une brouille entre le nouveau président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani, et son prédécesseur, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a, dit-on, boycotté les festivités commémoratives de l’anniversaire de l’indépendance organisées jeudi à Akjoujt. On a évoqué aussi le remplacement des unités du bataillon de sécurité présidentielle, qui devaient initialement sécuriser M. Ghazouani à Akjoujt, par d’autres unités venues de la ville d’Atar.

La rupture entre les 2 anciens Généraux, co-auteurs de plusieurs putschs, dont celui qui avait installé Aziz au pouvoir en 2008, a commencé au lendemain du retour de ce dernier en Mauritanie, après un long séjour à l’étranger entamé après l’investiture de Ghazouani, le 1er août dernier. Dès son arrivée au pays, l’ex-chef d’État a convoqué et présidé une réunion extraordinaire du comité provisoire de gestion du parti au pouvoir, l’Union pour la République (UPR). Réunion au cours de laquelle il a déclaré formellement qu’il est l’unique référence de cette formation politique qu’il a fondée dès les premières années de son règne (2008-2019).

Cette déclaration n’a, semble-t-il, pas été du goût de Ghazouani, qui a convoqué, à son tour, le même comité de gestion pour lui signifier qu’il est le seul maître à bord. Suite à ce rappel à l’ordre, la quasi-totalité des députés de la majorité ont tourné le dos à Aziz et adhéré solennellement à la position du président de la République. Malgré cela, Mohamed Ould Abdel Aziz ne s’avoue pas vaincu. 




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