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lundi 4 juillet 2022
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Le monde « à la croisée des chemins » en matière de gestion des sécheresses

L’humanité est « à la croisée des chemins » en ce qui concerne la gestion de la sécheresse et l’accélération des mesures d’atténuation doit être faite « de toute urgence, en utilisant tous les outils possibles », selon un nouveau rapport de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification (CNULCD).

La sécheresse en chiffres, 2022, publié aujourd’hui pour marquer la Journée de la sécheresse à la 15e Conférence des Parties de la CNULCD qui se tient à Abidjan, Côte d’Ivoire, du 9 au 20 mai 2022, appelle à faire de la préparation à la sécheresse et à la résilience de toutes les régions du monde une priorité absolue.

Le rapport est un recueil informatif de données relatives à la sécheresse et permet d’orienter les négociations concernant l’une des nombreuses décisions qui seront prises par les 196 États membres de la CNULCD, le 20 mai à l’issue de la COP15. « Les faits et les chiffres de cette publication pointent tous dans la même direction : une trajectoire ascendante dans la durée des sécheresses et la sévérité des impacts, affectant non seulement les sociétés humaines mais aussi les systèmes écologiques dont dépendent la survie de tout ce qui vit, y compris celle de notre propre espèce », a déclaré Ibrahim Thiaw, Secrétaire exécutif de la CNULCD.

Le rapport met en avant un appel à l’action probant. Par exemple :

• Depuis 2000, le nombre et la durée des sécheresses ont augmenté de 29 %.

• De 1970 à 2019, les aléas météorologiques, climatiques et hydriques ont représenté 50 % des catastrophes et 45 % des décès liés aux catastrophes, principalement dans les pays en développement.

• Les sécheresses représentent 15 % des catastrophes naturelles, mais elles ont causé le plus grand nombre de victimes humaines, soit environ 650 000 décès entre 1970 et 2019.

• De 1998 à 2017, les sécheresses ont entraîné des pertes économiques mondiales d’environ 124 milliards de dollars américains.

• En 2022, plus de 2,3 milliards de personnes sont confrontées au stress hydrique, près de 160 millions d’enfants sont exposés à des sécheresses graves et prolongées.

À moins que des mesures ne soient prises :

• D’ici 2030, on estime que 700 millions de personnes risquent d’être déplacées par la sécheresse.

• D’ici 2040, on estime qu’un enfant sur quatre vivra dans des régions aux prises avec une pénurie extrême d’eau.

• D’ici 2050, les sécheresses pourraient toucher plus des trois quarts de la population mondiale, et on estime que 4,8 à 5,7 milliards de personnes vivront dans des régions où l’eau est rare pendant au moins un mois chaque année, contre 3,6 milliards aujourd’hui. Et jusqu’à 216 millions de personnes pourraient être obligées de migrer d’ici 2050, en grande partie en raison de la sécheresse et d’autres facteurs, notamment la pénurie d’eau, la baisse de la productivité des cultures, l’élévation du niveau de la mer et la surpopulation.

« Nous sommes à la croisée des chemins », affirme M. Thiaw. « Nous devons nous orienter vers les solutions plutôt que de poursuivre nos actions destructrices, en croyant que des changements marginaux peuvent guérir l’échec systémique ».

« L’une des meilleures et plus cohésive solution est la restauration des terres, qui tient compte de nombreux facteurs sous-jacents à la dégradation des cycles de l’eau et à la perte de fertilité du sol. Nous devons mieux construire et reconstruire nos paysages, imiter la nature dans la mesure du possible et créer des systèmes écologiques fonctionnels ».

Au-delà de la restauration, ajoute-t-il, il est nécessaire de passer d’approches « réactives » et « fondées sur la crise » à des approches « proactives » et « fondées sur le risque » de gestion de la sécheresse impliquant la coordination, la communication et la coopération, motivées par une volonté financière et politique suffisante.

Également nécessaire :

• Des techniques de gestion agricole durables et efficaces qui produisent plus de nourriture sur moins de terres et avec moins d’eau.

• Des changements dans nos relations avec les aliments, le fourrage et les fibres, passage à des régimes à base de plantes et réduction ou arrêt de la consommation des animaux.

• Une politique concertée et des partenariats à tous les niveaux.

• L’élaboration et la mise en œuvre de plans d’action intégrés contre la sécheresse.

• La mise en place des systèmes d’alerte rapide efficaces qui fonctionnent au-delà des frontières.

• Le déploiement de nouvelles technologies telles que la surveillance par satellite et l’intelligence artificielle pour guider les décisions avec plus de précision.

• La surveillance et des rapports réguliers pour assurer l’amélioration continue.

• La mobilisation des financements durables pour améliorer la résilience aux sécheresses au niveau local.

• Investir dans la santé des sols.

• Travailler ensemble et inclure et mobiliser les agriculteurs, les communautés locales, les entreprises, les consommateurs, les investisseurs, les entrepreneurs et, surtout, les jeunes.

Le nouveau rapport de la CNULCD note que 128 pays ont exprimé leur volonté d’atteindre ou de dépasser la neutralité en matière de dégradation des terres. Et près de 70 pays ont participé à l’initiative mondiale de la CNULCD sur la sécheresse, qui vise à passer d’approches réactives à une approche proactive et réduisant les risques.

M. Thiaw a souligné l’importance de sensibiliser le public à la désertification et à la sécheresse, et de faire savoir aux populations que les problèmes peuvent être efficacement résolus « par l’ingéniosité, l’engagement et la solidarité ».

« Nous devons tous assumer notre responsabilité d’assurer la santé des générations actuelles et futures, sans réserve et sans délai ».

La décision de la COP15 sur la sécheresse devrait toucher cinq domaines interdépendants : les politiques de lutte contre la sécheresse; l’alerte rapide, suivi et évaluation; le partage des connaissances et apprentissage; les partenariats et la coordination; le financement de la sécheresse.




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