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mercredi 21 avril 2021
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La Banque mondiale lance une plateforme de dialogue sur les initiatives pour les femmes africaines

À l’occasion de la Journée internationale des Droits des femmes célébrée le 8 mars, le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale, Ousmane Diagana, a entamé un dialogue fondateur avec 6 femmes incarnant le leadership féminin en Afrique, à travers un séminaire virtuel intitulé qui a eu pour thème « Le Covid-19,  révélateur de l’incroyable résilience des femmes africaines ». L’icône de la musique africaine et ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF, Angélique Kidjo ; Dr. Diene Keita, directrice exécutive ajointe du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) ; Dr. Aïssatou Sophie Gladima, ministre du Pétrole et de l’énergie du Sénégal ; Hindou Oumarou Ibrahim, géographe et activiste tchadienne pour l’environnement ; Djaïli Amadou Amal, auteure camerounaise, lauréate du Prix Goncourt pour son livre Lycéens ; et Rabiatou Harouna Moussa, ingénieure informaticienne nigérienne et co-fondatrice de WO’MEN Dev ont été les intervenantes.

La longue discussion a souligné l’engagement fort de la Banque mondiale aux côtés des femmes africaines, mais aussi la nécessité de continuer cet échange pour faire avancer les grands chantiers prioritaires que sont l’autonomisation économique, l’accès à la santé, la préservation des droits et le renforcement des Africaines.

Ousmane Diagana a rappelé que « ce sont les femmes qui créent des opportunités pour tout le monde. Elles travaillent et assurent l’équilibre au niveau des familles et des pays. Mais le potentiel énorme dont elles disposent n’est pas transformé en véritable opportunité de développement parce que les politiques économiques et les conditions juridiques dans les pays ne sont pas toujours appropriées (…) ». Pour l’économiste, « il est clair qu’on ne peut pas aller de l’avant si on n’a pas une politique éducative qui permet un accès équitable et de qualité à toutes les personnes, en particulier aux femmes et aux filles ».

La Banque mondiale soutient des programmes comme la SWEDD dans le Sahel pour récolter les dividendes démographiques. « À la Banque mondiale, on ne peut pas faire passer un projet au Conseil d’administration, sans faire la démonstration que l’essence de ce projet contribuer à réduire l’inégalité des sexes », a souligné M. Diagana.

Connue pour sa franchise, Angélique Kidjo a appelé à agir. « Les solutions sont là. Le Covid-19 nous apprend que le temps des paroles est terminé. Agissons ! Si on agit en discutant avec les femmes en amont de leurs problèmes et des solutions qu’elles ont, on avancera beaucoup plus vite », a préconisé la chanteuse interplanétaire.

Quant à Dr. Diene Keita du FNUAP, elle a dénoncé l’accroissement des violences à l’encontre des femmes pendant cette pandémie. Le Covid a poussé les prestataires de soin à réduire leurs soins de santé. Le FNUAP a constaté une augmentation des grossesses précoces et des mariages d’enfants, des mutilations génitales féminines, en plus de la perturbation de la planification familiale. « Nous devons travailler ensemble, continuer et guider par les données parce que notre engagement est axé sur des résultats et nous devons innover pour que la résilience puisse être maintenue », a-t-elle lancé. 

La FNUAP salue son partenariat avec la Banque mondiale qui opère avec succès dans plus de 9 pays en Afrique de l’Ouest et du Centre. Le programme conjoint FNUAP-Banque mondiale a su, pendant la pandémie, créer plus de 3.300 espaces sûrs pour les jeunes filles et les adolescentes, plus de 1700 écoles ou clubs de maris ou futurs maris pour enseigner la masculinité positive.

La ministre du Pétrole et des énergies du Sénégal, Dr. Aïssatou Sophie Gladima, plaide pour la réduction du coût de l’électricité qui est un intrant très important dans la chaîne de production des femmes entrepreneures. Soulignant l’importance de créer des espaces féminins pour favoriser l’émulation et susciter des vocations, elle a évoqué son expérience de scientifique pionnière dans son domaine. Elle salue également la pertinence de partenariats durables et constructifs pour trouver des solutions concrètes répondant aux besoins exprimés sur le terrain.

L’activiste tchadienne Hindou Oumarou Ibrahim a invité les partenaires internationaux à un changement de paradigme radical en considérant les femmes non plus comme des bénéficiaires mais comme des partenaires. La géographe parie sur une économie respectant les savoirs ancestraux et des solutions endogènes pour faire face aux changements climatiques.

La co-fondatrice de WO’MEN Dev, Rabiatou Harouna Moussa, rappelle l’urgence à combler la fracture numérique et démocratiser l’accès à internet. En effet, la pandémie a prouvé l’importance des solutions digitales. L’ingénieure en informatique défend l’alphabétisation numérique pour les filles afin de les inclure, dès aujourd’hui, dans l’économie de demain.

L’auteure et lauréate du Prix Goncourt pour son livre Lycéens, Djaïli Amadou Amal, a mis sa prose au service de la cause des femmes du Sahel et fait écho au message de masculinité positive. Elle a aussi tiré la sonnette d’alarme sur l’extrême vulnérabilité des femmes et des filles pendant la pandémie qui a vu une hausse des mariages précoces et forcés dans le nord du Cameroun.

Très actives et engagées, les participantes du Dialogue sur les Initiatives pour les femmes africaines ont salué l’approche partenariale et proactive de la Banque mondiale. Toutes rappellent que l’urgence est à l’action concrète et radicale pour protéger les femmes du continent et les outiller pour construire une économie post-Covid plus juste, plus inclusive et plus durable.

La plateforme de Dialogue sur les Initiatives pour les femmes africaines se réunira autour de la Banque mondiale tous les 3 mois.




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