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jeudi 2 avril 2020
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Sierra Leone : La Cour de justice de la CEDEAO ordonne la réintégration des filles exclues du système éducatif pour cause de grossesses

Saisie en 2015 par l’ONG Femmes contre la violence et l’exploitation (WAVES) et d’autres organisations de la société civile, la Cour de justice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), siégeant à Abuja (Nigéria), le 12 décembre, a rendu son verdict sur la loi interdisant les filles enceintes d’aller à l’école. La juridiction ouest-africaine a estimé que cette politique d’interdiction s’apparentait à une discrimination et allait à l’encontre des dispositions de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et d’autres instruments du droit international auxquels cet État est signataire. Elle a ordonné sa révocation immédiate.

Cette loi a été imposée en 2015 par le ministre de l’Éducation à la suite de l’épidémie d’Ebola, d’après WAVES, menace les droits de milliers de filles.

Selon les experts, 3.000 filles sont concernées par la situation, mais  le chiffre réel est beaucoup plus élevé. La Cour a également condamné un programme spécial du gouvernement soutenu par la Grande Bretagne et l’ONU offrant une scolarité limitée aux filles enceintes. « Le jugement rendu le 12 décembre 2019 est capital pour les milliers de jeunes filles exclues de l’école et dont le droit à l’éducation sans discrimination est bafoué depuis quatre ans du fait de cette interdiction intrinsèquement discriminatoire », a réagi, Marta Colomer, directrice adjointe par intérim des campagnes pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale à Amnesty International.

Hannah Yambasu, directrice de WAVES en Sierra Leone, a salué cette décision très importante qui « protège et garantit qu’elles puissent terminer leur études supérieur ».




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