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mercredi 20 novembre 2019
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Les nouveaux outils de l’Afrique pour renforcer la résilience face aux futurs chocs de sécheresse

Les sécheresses ont longtemps décimé les communautés et les moyens de subsistance en Afrique. Cette année, plus de 45 millions de personnes sur le continent, principalement dans ses régions orientale et australe, souffrent d’insécurité alimentaire en raison de sécheresses prolongées.

De gauche à droite : Mohamed Beavogui, (sous-secrétaire général des Nations Unions et directeur général d’African Risk Capacity) et Ibrahim Thiaw (secrétaire général adjoint et secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification) tenant des copies du Protocole d’accord

African Risk Capacity (ARC) et la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) ont annoncé leur collaboration pour soutenir le développement d’outils financiers permettant à l’Afrique de s’adapter et de résister aux futures sécheresses et autres événements météorologiques extrêmes.

Le partenariat aidera les pays africains à gérer l’impact des événements météorologiques extrêmes, y compris la sécheresse. Il cherchera également à mobiliser les ressources du secteur privé par la mise au point de nouveaux instruments financiers susceptibles de fournir une protection d’assurance et d’autres financements permettant d’atténuer ces risques.

Cette annonce a été marquée par la signature d’un protocole d’accord par le secrétaire exécutif de l’UNCCD, Ibrahim Thiaw, et le directeur général d’ARC, Mohamed Beavogui, au cours d’un atelier technique tenu les 22 et 23 octobre à Bonn, en Allemagne.

L’atelier a examiné les principes proposés et les travaux du Dispositif de lutte contre les conditions climatiques extrêmes (XCF) qui est un nouveau véhicule financier visant à puiser dans les ressources du marché des capitaux pour apporter un soutien financier aux pays touchés par des événements météorologiques extrêmes. Les experts techniques réunis à l’occasion de l’atelier ont exploré la robustesse des éléments centraux du dispositif XCF. Ceux-ci incluent les produits financiers et leur indice sous-jacent, des solutions alternatives viables basées sur le marché et les partenariats indispensables à la réalisation du produit et des objectifs.

Le processus pour le dispositif XCF a commencé en mars 2014 lorsque la Conférence des ministres des Finances de l’Union africaine a demandé à ARC, en vertu de la décision n°. 927 (XLVII), lors de la 7ème réunion annuelle conjointe UA-CEA qui s’est tenue à Abuja, au Nigéria, de mettre en place un mécanisme de financement visant à renforcer la réaction des États membres face aux effets de la volatilité croissante du climat.

Le premier Rapport spécial sur le changement climatique et les terres publié il y a 3 mois à peine par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui fait autorité, avertit que les sécheresses pourraient augmenter en fréquence et en intensité dans une grande partie de l’Afrique. « Le message est clair. Nous assisterons à un nombre croissant de sécheresses d’une gravité sans précédent, exacerbées par le changement climatique. Aucun pays ou région, riche ou pauvre, n’est à l’abri des aléas de la sécheresse. Le dispositif XCF dirigé par ARC deviendra un outil important pour aider les pays africains à faire face efficacement aux impacts de la sécheresse », a déclaré Ibrahim Thiaw au cours de la cérémonie. Le secrétaire exécutif de l’UNCCD ajoute : « Actuellement, dans le cadre de l’Initiative sur la sécheresse, la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification aide 35 des 57 pays africains à créer les mécanismes dont ils ont besoin pour prendre des mesures rapides pour éviter les catastrophes dues à la sécheresse. Aujourd’hui, l’Afrique intensifie ses actions préventives en tant que front unifié contre les futures catastrophes induites par la sécheresse et le climat dans la région ».

Quant au directeur général d’ARC, « l’accord signé avec l’UNCCD créera une synergie fonctionnelle dans nos efforts pour aider les pays à mieux comprendre leurs profils de risque, à améliorer leurs connaissances et à renforcer leurs capacités en matière d’adaptation au changement climatique et de sécurité alimentaire ».

Le XCF, tel que conçu actuellement, dispose d’un programme en 3 points : accéder au financement du secteur privé, encourager les meilleures pratiques en matière de politique publique et intégrer la climatologie à ses fonctions. Astrid Zwick, responsable du secrétariat du programme InsuResilience, a félicité l’ARC et l’UNCCD pour leur collaboration. Soulignant que « le dispositif XCF promet d’être un instrument susceptible de compléter les efforts en cours dans les pays pour prévenir, minimiser et gérer les risques de catastrophe climatique en renforçant la capacité d’adaptation et la résilience au niveau local ».

African Risk Capacity est l’agence spécialisée de l’Union africaine qui fournit des outils financiers et l’infrastructure nécessaire pour aider les pays à gérer leurs risques de catastrophes naturelles et à s’adapter au changement climatique. L’Institution compte actuellement 34 États membres.

La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification est un accord international sur la gestion saine des terres. Il aide les populations, les communautés et les pays à créer de la richesse, à faire croître les économies et à garantir suffisamment de nourriture, d’eau et d’énergie, en garantissant aux utilisateurs des terres un environnement propice à une gestion durable des terres.




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