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mercredi 20 novembre 2019
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Climat politique tendu en Guinée-Bissau à 1 mois de l’élection présidentielle

Les forces de l’ordre ont violemment empêché, samedi 26 octobre, la tenue d’une manifestation organisée par l’Opposition pour réclamer un report de l’élection présidentielle prévue le 24 novembre, faisant un mort et plusieurs blessés. Malgré le bon déroulement des législatives du 10 mars, la Guinée-Bissau tente encore de sortir de la crise qu’elle traverse depuis le limogeage, en août 2015 par le président José Mario Vaz, du Premier ministre Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC).

Douze candidatures ont été retenues par la Cour suprême pour le premier tour de la présidentielle, fixé au 24 novembre, dont celles de José Mario Vaz, exclu du PAIGC et qui se présentera en indépendant, et de l’ex-chef du gouvernement. Alors que la communauté internationale insiste sur le respect du calendrier, l’Opposition exige comme préalable une révision complète du fichier électoral pour éviter les fraudes. Refusée par le PAIGC, cette mesure aurait pour conséquence de reporter le scrutin.

Les partis d’Opposition et les candidats indépendants avaient appelé leurs partisans à manifester samedi, mais la police est massivement intervenue au moment où quelques milliers de personnes convergeaient depuis plusieurs quartiers populaires de la capitale et tentaient de se regrouper en un cortège unique, a constaté un correspondant de l’AFP.

Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes et de matraques, confinant les responsables de l’Opposition dans les sièges de leur parti, faisant plusieurs blessés, selon la même source. Un homme de 48 ans, Demba Baldé, se trouvait avec d’autres militants dans une permanence du second parti d’opposition à l’Assemblée, le Parti pour la rénovation sociale (PRS), s’apprêtant à sortir manifester, lorsque la police est intervenue, a expliqué son frère, Alimo. « Il y a eu des échauffourées et Demba a été arrêté par 4 agents de police qui l’ont roué de coups et aspergé de gaz. Il est tombé en sang et avait du mal à respirer. Nous avons essayé de le réanimer mais malheureusement, il a rendu l’âme avant d’arriver à l’hôpital », a-t-il poursuivi.

Une photo prise sur place montre un homme au sol, la tête baignant dans une flaque de sang. Un infirmier de la principale morgue de Bissau a confirmé avoir reçu le corps, qui « présentait des traces de coups ».

Le directeur de campagne du président Vaz, Botché Candé, a déclaré à l’AFP avoir reçu un tir de gaz lacrymogène tiré « à bout portant » alors qu’il se trouvait à la tête d’un cortège. « J’ai perdu conscience momentanément et j’ai eu la vie sauve grâce aux jeunes de mon mouvement qui m’ont déplacé jusqu’à ma voiture. Maintenant je vais mieux », a-t-il expliqué.

En début de semaine, le Premier ministre, Aristide Gomes, a dénoncé, en se fondant sur un enregistrement audio, un projet de coup d’État qu’organiserait un des candidats les plus en vue, l’ex-Premier ministre Umaro Sissoco Embalo, qui défend les couleurs du Mouvement pour l’alternance démocratique (MADEM), premier parti d’Opposition formé par des frondeurs du PAIGC. Le leader politique a formellement démenti ces accusations, assurant qu’il s’agissait d’une cabale montée contre lui par le pouvoir sur la base d’un enregistrement manipulé.




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