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mercredi 12 août 2020
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La vente de l’iQOS enfin autorisée aux États-Unis. Quelles implications pour l’Afrique ?

Au terme de 43 mois d’évaluation, la Food and Drug Administration (FDA), l’agence américaine de contrôle des produits alimentaires et pharmaceutiques, a autorisé, le 7 juillet dernier, la commercialisation de l’iQOS, le système électronique de tabac chauffé mis au point par Philip Morris International (PMI) en tant que « produit du tabac à risque réduit ». Cette décision est la première prise par l’agence américaine pour accorder une telle autorisation pour la commercialisation d’un produit du tabac en tant qu’alternative électronique aux cigarettes. Elle a estimé que l’iQOS pouvait contribuer à la promotion de la santé publique et devrait profiter à la santé de la population dans son ensemble.

La décision de la FDA fait suite à une étude scientifique de plus d’un million de pages comme preuves fournies par PMI et est également motivée par des études indépendantes. L’agence fédérale américaine a conclu que les produits du tabac non combustibles tels que l’iQOS diffèrent des cigarettes, en ce sens qu’ils réduisent l’exposition du corps aux produits chimiques nocifs ou potentiellement nocifs.

Cette décision est cohérente avec les conclusions antérieures des organismes de réglementation et scientifiques, notamment ceux du Royaume-Uni, d’Allemagne et des Pays-Bas, qui ont constaté que le produit émet des niveaux de substances toxiques plus faibles que celles des cigarettes combustibles.

Les résultats font état de la réduction des effets nocifs due à la technologie “heat-not-burn (chauffer sans brûler)” qui procure de la nicotine aux fumeurs tout en réduisant de façon significative les risques liés à la combustion des cigarettes classiques.

Compte tenu du fait que le tabagisme tue plus de 7 millions d’individus par an à travers le monde, la décision de la FDA ouvre une opportunité d’améliorer la santé publique et contribuer à la lutte contre le fléau mondial du tabagisme. Encourager le passage rapide à une alternative telle que l’iQOS – pour les fumeurs adultes qui n’ont pas pu ou ne veulent pas arrêter de fumer – pourrait sauver de nombreuses vies.

Leçons à tirer de la décision de la FDA

S’il est vrai que les taux du tabagisme ont baissé dans les pays riches, ils ont augmenté dans les nations pauvres. En Afrique subsaharienne, la consommation de cigarettes a augmenté de plus de 50% entre 1980 et 2016. Parmi les décès enregistrés chez les Africains adultes causés par le tabagisme passif, plus de 60% concernent les femmes qui vivent et travaillent avec des fumeurs. Quelles leçons pourrait alors tirer le continent de la décision de la FDA ?

Une approche dogmatique de la lutte antitabac qui condamne tous les produits du tabac comme étant autant préjudiciables à la santé publique a peu de chances de réduire les méfaits du tabagisme dans le monde d’aujourd’hui.

Une réglementation fondée sur des observations concrètes qui reconnaît les nouvelles technologies de réduction de la nocivité pourrait aider à façonner des politiques publiques efficaces pour réduire les dangers du tabagisme.

L’industrie du tabac doit s’employer rapidement à cesser de fabriquer et de vendre des cigarettes combustibles. Elle devrait baisser le coût des produits à risques réduits et les mettre à la disposition des fumeurs adultes en Afrique.

Les pays devraient prendre des mesures qui permettent d’inclure la réduction des méfaits du tabagisme dans leur arsenal de lutte antitabac et inciter l’industrie du tabac à trouver les meilleurs moyens de rendre les nouveaux produits largement accessibles aux fumeurs adultes qui ne peuvent pas ou refusent d’arrêter de fumer, notamment en augmentant les taxes sur les cigarettes conventionnelles tout en les baissant de manière significative celles sur les produits à risque réduit.

En Afrique où l’âge moyen de la population est inférieur à 25 ans, des mesures très strictes doivent être prises pour empêcher que les mineurs aient accès aux nouveaux produits, étant donné qu’ils se sont révélés être de meilleures alternatives mais présentent tout de même des risques.

Dans un monde idéal, les humains éviteraient toutes les substances inutiles qui ont des effets négatifs sur leur santé. Ce n’est malheureusement pas le cas et ne le sera probablement jamais. Il faudra du courage et de la volonté politique. Toutefois, pour des raisons de santé publique, il est impératif d’adopter des mesures pour réduire les risques pour plus d’un milliard de fumeurs à travers le monde.

SÉBASTIEN SATIGUI




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