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lundi 22 juillet 2024
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Des entreprises importatrices dans le viseur des autorités nigérianes

Le Nigéria ferme les comptes bancaires des entreprises qui continuent d’importer des produits soumis à des restrictions de change. L’information a été donnée ce vendredi 14 juin par la Banque centrale. Tout a commencé en 2015, lorsque la Banque centrale du pays annonçait la restriction de l’accès aux dollars pour les entreprises qui se livrent à l’importation de 43 articles. Des produits qui vont du riz et produits ménagers, aux produits cosmétiques dont les encens indiens, en passant par des produits de luxe comme les jets privés. L’objectif est de préserver les réserves de change et de diversifier l’économie du plus grand producteur de pétrole brut d’Afrique. Ces restrictions monétaires ont à l’époque accéléré la récession et augmenté l’inflation de la première économie africaine.

L’économie nigériane est sortie de la récession début 2017, mais la croissance reste fragile et l’inflation supérieure à l’objectif fixé par la Banque centrale depuis plus de 3 ans. Mais les autorités d’Abuja maintiennent fermement leur position. « Une fois que nous avons découvert que des personnes utilisaient des devises étrangères illicites pour importer ces produits au Nigéria et les faire passer clandestinement, nous avons parfaitement le droit de fermer leurs comptes », a déclaré à Reuters un porte-parole de la Banque centrale.

Une politique protectionniste

Dans son programme de diversification économique, le président Muhammadu Buhari réélu pour un 2ème mandat en 2019 a fait de la création d’un tissu industriel fort son cheval de bataille. Pour ce faire, il a renforcé le secteur agricole afin de réduire la facture d’importation et annoncé son intention de doubler la production manufacturière pour la porter à 20% du PIB d’ici 2025. Le second mandat de Buhari démarre ainsi par une volonté manifeste de poursuivre sa politique économique caractérisée comme protectionniste. Juste après sa réélection, le chef de l’État a reconduit le gouverneur de la Banque centrale Godwin Emefiele pour un second mandat.

Pour éviter le scénario de 2015 avec la chute des prix du pétrole qui ont plongé le pays dans un marasme économique, le Nigéria a tout intérêt à accélérer son programme de diversification. La relative stabilité économique retrouvée risque d’être ébranlée par une baisse des prix du pétrole à moins de 60 dollars le baril et une baisse des investissements directs étrangers.

Source : Latribuneafrique.fr




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