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lundi 15 avril 2024
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Changement climatique et production cotonnière en Côte d’Ivoire : faut-il s’en inquiéter ?

Avec Arouna Diedhiou de l’IRD, Silué Siontiamma (micro en main) a présenté le projet RESCO lors du panel au SARA 2023 à Abidjan

En dehors des expositions et vente de produits agricoles et animaliers, l’édition 2023 du SARA (Salon international de l’agriculture et des ressources animales d’Abidjan) qui a débuté à Abidjan ce vendredi 29 septembre, est également rythmé par des panels sur diverses thématiques en rapport avec le secteur agricole. Dans la filière coton, c’est la question du dérèglement climatique qui a polarisé les attentions. Ses impacts sont visibles : augmentation des températures, raccourcissement/prolongation des saisons de pluies ou de sécheresse, diminution du potentiel de production des variétés locales de cotonniers, perturbation du calendrier cultural, dégradation des sols, baisse des revenus des producteurs, .

Alors que la vie de millions de personnes dépend de la culture de l’or blanc, faut-il s’adapter à cette nouvelle donne qui a un impact négatif sur leurs activités ou mourir ? Un choix cornélien. Mardi 3 octobre, l’Agence française de développement (AFD), un des partenaires financiers du secteur coton en Côte d’Ivoire, a organisé une rencontre pour un partage de réflexions sur la question. S’adapter ou mourir ? L’Organisation interprofessionnelle agricole de la filière coton (INTERCOTON) a fait le choix de l’adaptation en élaborant le projet de Résilience des systèmes cotonniers dans le nord de la Côte d’Ivoire (RESCO) en avril 2021. Cet ambitieux programme d’un coût total de 44,904 milliards de francs CFA – avec un appui de 26.5 milliards de francs CFA de l’AFD – renferme les actions envisagées ou déjà mises en œuvre par l’INTERCOTON pour répondre au changement climatique. Son directeur exécutif, Silué Siontiamma, a présenté quelques-unes des solutions.

Dans son volet recherches, le projet RESCO, c’est l’accompagnement pour la création d’une variété de cotonnier tolérante à la sécheresse, la promotion de l’agroforesterie et l’agro-écologie par les associations culturales coton-karité, coton-anacarde, etc.

Stand de l’INTERCOTON

Dans sa déclinaison « conseil agricole », le projet fait la lutte contre l’érosion des sols par l’incitation des producteurs à l’utilisation de la fumure organique, la formation des techniciens agricoles et des producteurs sur les effets du changement climatique, l’analyse de sols de 10.000 exploitations cotonnières par campagne avec recommandation de fertilisation minérale avec la technique NH4+, la vulgarisation du traitement insecticide sur seuil pour préserver l’environnement et réduire l’utilisation abusive des insecticides, la mise en place de 425 kilomètres de cordon pierreux pour lutter contre l’érosion des sols,…

Au niveau des semences, le programme prévoit la production de 10.000 tonnes. Notamment les semences délintées qui sont résistantes à la sécheresse et aux nouveaux ravageurs. Distribution de bâche de protection du coton-graine contre les pluies de fin de campagne, construction de 60 cases de stockage améliorées dans les villages pour protéger le coton-graine contre les intempéries.

Le projet RESCO, c’est également la mécanisation : l’augmentation des surfaces labourées au tracteur (de 4.500 ha à plus de 10.000 ha par an), le traitement des parcelles avec des drones.         

OSSÈNE OUATTARA




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