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jeudi 16 juillet 2020
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Guinée : Double scrutin référendaire et législatif sous très haute tension

Des jeunes en train de caillasser les forces de l’ordre dans une banlieue de Conakry, ce 22 mars

Bureaux de vote attaqués, matériel électoral incendié, heurts entre forces de l’ordre et Opposants. C’est le constat fait dans plusieurs villes de Guinée ce dimanche, jour du référendum constitutionnel et des Législatives boycottés par l’Opposition qui accuse le président Alpha Condé de se frayer une voie vers un troisième mandat. Prévu de 8h00 à 18h00, le vote a commencé à l’heure indiquée dans une école du centre-ville de Conakry, près du palais présidentiel, a constaté un journaliste de l’AFP.

Mais à Ratoma (banlieue de Conakry, des partisans de l’Opposition ont attaqué des gendarmes devant des bureaux de vote dans une école. Dans la même zone, une autre école a été attaquée et le matériel électoral saccagé, en l’absence d’électeurs, selon des témoins.

Une urne détruite photographiée aux abords d’un bureau de vote, à Conakry

Des affrontements sont survenus dans des banlieues de Conakry comme Cosa, Hamdallaye, Dar-es-Salam et Lambanyi où des jeunes ont attaqué les policiers et les gendarmes sécurisant le vote. Les forces de l’ordre, caillassées, pourchassaient ces jeunes et lançaient contre eux des grenades lacrymogènes, selon les mêmes sources. Des tirs ont été entendus dans des endroits de Conakry.

Des troubles ont également eu lieu à Mamou (dans le Centre du pays), à Boké (Ouest) et à N’Zérékoré (Sud-Est), d’après des témoins. Du matériel électoral a également été détruit dans des localités comme Kobéla (Sud), Dinguiraye et Konah (Nord-Est).

« J’espère que tout se passera dans la paix et la tranquillité et que le peuple guinéen, comme en 1958, montrera sa maturité », a déclaré, après avoir voté à Conakry, le président Alpha Condé.

C’est surtout la Constitution qui déchaîne les passions. Depuis mi-octobre, des milliers de Guinéens sont descendus dans la rue contre l’intention prêtée au chef de l’État d’essayer de se succéder à lui-même fin 2020. Au moins 31 civils et un gendarme ont été tués. Des dizaines d’Opposants ont été arrêtés et jugés. Les brutalités policières sont constamment dénoncées.

Alpha Condé, 82 ans, a été élu en 2010 et réélu en 2015. L’actuelle Constitution limite à 2 le nombre de mandats.

Fichier électoral

Le président Condé assure qu’il s’agit de doter son pays d’une Constitution « moderne ». Elle codifierait l’égalité des sexes, interdirait l’excision et le mariage des mineurs. Elle veillerait à une plus juste répartition des richesses en faveur des jeunes et des pauvres. Mais le chef de l’État entretient le flou sur sa volonté ou pas de briguer un troisième mandat.

Les remises en cause internationales quant à la crédibilité du vote se sont succédé, étayées par la présence sur les listes électorales de 2,5 millions de noms douteux, soit le tiers du fichier. Les recommandations des organisations internationales sur le fichier ont été « intégralement prises en compte », a affirmé le président dans un discours publié samedi sur la page Facebook de la Présidence guinéenne, promettant des scrutins transparents.

L’Opposition avait promis boycotter le vote et d’en empêcher la tenue. La persistance, depuis plusieurs semaines, des troubles n’a pas dissuadé le gouvernement d’organiser les scrutins. Pas même l’apparition récente de la pandémie du coronavirus. La Guinée a déclaré deux cas de contamination, dont un malade a été déclaré guéri, a annoncé samedi le gouvernement. La présence du Covid-19 suscite l’attention dans un pays où la fièvre Ebola a fait 2.500 morts entre 2013 et 2016.

Des chefs d’État ouest-africains ont annulé leur mission de bons offices dans le pays au cours de la semaine. Avant le vote initialement prévu le 1er mars, 2 grandes organisations régionales avaient renoncé de déployer ou avaient rappelé leurs observateurs. Vendredi, les partenaires internationaux de la Guinée, l’Union européenne, la CEDEAO (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest), l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ont exprimé de fortes réserves sur la fiabilité du processus électoral.

Source : tv5monde




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