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lundi 1 juin 2020
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Dialogue national sur fond de dissensions au Mali

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a lancé un dialogue national inclusif, samedi 14 décembre, devant 3.000 personnes à Bamako. Cette initiative politique s’adresse à la société civile, à l’Opposition et aux groupes armés pour tenter de dégager des réponses autres que militaires à la crise qui va s’aggravant dans son pays en guerre contre les djihadistes. « Unissons-nous, unissons nos mains pour boucher les trous de la jarre percée », a-t-il exhorté, à l’ouverture de cet événement censé durer une semaine. En boubou blanc, debout devant un immense drapeau du Mali, il a appelé à « parler, réfléchir, respirer ensemble ».

Mais ses principaux opposants ont refusé de participer à ce dialogue. Ils l’interprètent comme un moyen pour lui de reprendre la main après un automne sanglant – plus de 140 soldats tués depuis septembre – durant lequel les autorités ont peiné à convaincre de leurs capacités à répondre à la crise. Le parti du chef de file de l’Opposition, Soumaïla Cissé, a qualifié la manifestation de samedi de « mise en scène ».

Alors que la violence ronge le pays depuis 2012, l’État ne parvient pas à exercer son autorité sur une large partie du territoire. Chaque jour ou presque, des attaques djihadistes et crapuleuses font des victimes. Malgré la présence de 13.000 Casques bleus et 4.500 soldats français, les mouvements djihadistes, ralliés pour certains à Al-Qaida ou à l’organisation État islamique, ne cessent d’étendre leur champ d’action : du nord du vers le centre du pays, et désormais aux Niger et Burkina Faso voisins.

Le dialogue malien se propose « d’ausculter le pays et de faire des diagnostics pour le guérir », a déclaré Ibrahim Boubacar Keïta. Parmi les organisations présentes figure l’association des commerçants-détaillants du Mali ou le chef de la tribu Kel Antessar de Tombouctou. L’imam Mahmoud Dicko, très influent au Mali et bête noire du pouvoir, a également fait le déplacement.

Les groupes armés touareg signataires de l’accord d’Alger, qui exercent un contrôle militaire sur plusieurs villes et régions du nord, ont, eux, fait planer le doute sur leur venue jusqu’au dernier moment. En cause, la révision ou non de cet accord qu’ils ont signé contre des promesses d’inclusivité et de décentralisation.

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), principal collectif de groupes signataires, a indiqué avoir obtenu du gouvernement l’assurance qu’il ne serait pas question de cet accord lors du dialogue. « Nous sommes là parce que nous avons eu la certitude qu’on ne touchera pas à l’accord de paix pendant ce dialogue », a dit à l’AFP son porte-parole, Almou Ag Mohamed.

Par ailleurs, Ibrahim Boubacar Keïta a exhorté ses compatriotes à comprendre la nécessité de la présence des forces étrangères au Mali. « Il importe que nos compatriotes mesurent que s’en prendre à la MINUSMA (mission de l’ONU), c’est s’en prendre surtout aux forces sénégalaises, burkinabè, togolaises, ghanéennes, et tchadiennes », a déclaré le chef de l’État malien. Ajoutant que « cela est incompatible avec notre honneur en tant que Maliens, qu’Africains ».

FOFYE AKIMBONI




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