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samedi 19 octobre 2019
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La mosquée Massalikul Djinane ou le symbole de la puissance financière de la confrérie mouride au Sénégal

La confrérie mouride, longtemps confinée dans la ville de Touba, pousse son influence jusqu’au cœur de Dakar, la capitale du Sénégal. Vendredi ce 27 septembre, elle a inauguré, après 10 ans de travaux, sa grande mosquée, bâtie sur un ancien terrain marécageux de 6 hectares offert en 2009 par l’ex-président, Abdoulaye Wade. Son nom, Massalikul Djinane (Chemin du Paradis), est inspiré d’un des poèmes (khassaides) du fondateur du mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, un rénovateur soufi. 

L’édifice religieux recouvert de marbre est doté de 5 minarets, dont le plus haut culmine à 78 mètres, et de salles de prière pouvant accueillir 15.000 personnes, autant que son esplanade. Elle est ornée de lustres monumentaux et de décorations faites par des artisans marocains. 

Les Mourides apportent à l’islam les traditions du peuple wolof, comme l’importance du travail ou encore l’attachement aux notions d’entraide et de solidarité. D’autres confréries, parfois plus nombreuses mais moins puissantes, existent au Sénégal, notamment la grande confrérie Tidiane.

Édifiée grâce aux dons des fidèles et de l’Organisation de la Conférence islamique

Le coût de cette grande mosquée devrait largement « dépasser les 20 milliards de francs CFA », affirme le coordinateur des travaux, Mbackiyou Faye, sans compter l’institut islamique, une résidence et un musée qui doivent voir le jour à proximité. Cette somme importante, dans un pays où la pauvreté touche au moins 40% de la population, a été recueillie auprès des fidèles, de grandes fortunes sénégalaises, de chefs religieux, de personnalités politiques et de grandes entreprises. Sans oublier les fonds de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) basée en Arabie Saoudite, qui s’était réunie à Dakar en mai 2008, à l’invitation du président Abdoulaye Wade.

Le gouvernement sénégalais a, quant à lui, débloqué 7 milliards de francs CFA pour la voirie, l’assainissement et l’éclairage alentour.

Un projet voulu par l’ancien président Wade, lui-même mouride

Les Mourides, qui dominent les secteurs du commerce, de l’import-export, de l’agriculture ou encore des médias, frappent un grand coup en s’implantant spectaculairement au cœur de Dakar. Ils tiennent un symbole de cette puissance économique (qui) renforcera leur influence culturelle et politique à Dakar. Moins présents dans la capitale, les Mourides ont en revanche un fief, la ville de Touba, qui leur est entièrement dédiée. De nombreux Mourides y voient une revanche sur l’ex-puissance coloniale française, qui avait choisi Dakar comme capitale du Sénégal et contraint Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké à l’exil au Gabon (1895-1902), puis en Mauritanie (1903-1907). Vénéré jusqu’à ce jour au Sénégal et dans la diaspora, le fondateur de la confrérie est mort en 1927 à Diourbel, à 150 kilomètres, à l’Est de Dakar.




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