
Sur une production annuelle avoisinant 1.5 million tonnes de noix brutes de cajou, environ 700.000 tonnes sont transformées sur le sol ivoirien. Près de 75% est le fait d’entreprises étrangères. La place des transformateurs nationaux reste minime avec seulement 25%. En cause, la faiblesse de leurs moyens financiers pour s’approvisionner quantitativement en matières premières. Faute de financement, ils ne peuvent pas rivaliser avec des multinationales qui disposent de ressources colossales. À long terme, ce déséquilibre sur le segment de la transformation (qui génère plus de valeur ajoutée) pourrait faire peser de gros risques sur l’industrie nationale du cajou. Pour éviter qu’elle repose essentiellement sur les sociétés étrangères, le régulateur de la filière cajou réagit.
Jeudi 11 juin, une Convention tripartite a été signée entre le Conseil coton anacarde karité, la Banque nationale d’investissement (BNI) et des transformateurs nationaux. Le document porte sur l’acquisition de noix brutes de cajou destinées à la transformation locale et le financement des transformateurs ivoiriens. C’est l’épilogue d’un long processus où il a fallu lever les réticences, apporter des garanties puis convaincre. Notamment l’établissement financier pour qu’il accepte d’injecter de l’argent dans un secteur jugé à risque par d’autres. « Je suis très heureux aujourd’hui de voir l’accomplissement de cette tâche ardue, celle d’avoir ce financement pour les transformateurs nationaux. C’était un challenge pour nous », a reconnu Berté Mamadou, directeur général du régulateur de la filière anacarde, après être parvenu à signer la Convention avec la BNI.
Avec cet appui de la banque, le patron de l’organe de régulation espère élever la place des nationaux à au moins 30% dans la transformation pour, affirme-t-il, « peser en termes de stratégie ». Berté Mamadou a exhorté les transformateurs ivoiriens à plus d’ardeur dans leurs activités pour que le partenariat avec la banque nationale soit renouvelé chaque année.

Le Conseil coton anacarde karité comble chaque année 20% des besoins en noix brutes de cajou de chaque transformateur national. Les 80% restant sont pris en charge par l’opérateur lui-même grâce à un système de financement de la BNI. Un partenariat salué par le directeur de la banque. « Les résultats enregistrés au cours des campagnes précédentes démontrent la pertinence de cette initiative. Grâce à la mobilisation des différents acteurs, le volume de noix brutes de cajou transformées localement a connu une progression significative par rapport à l’année 2021 », se félicite Youssouf Fadiga. Pour lui, « ces performances encourageantes constituent un signal fort et une source de motivation pour l’ensemble des acteurs du secteur ». Ajoutant que « le mécanisme retenu repose sur une approche intégrée associant l’approvisionnement en matières premières, le financement bancaire et le soutien institutionnel. La BNI apportera son expertise et ses capacités de financement afin de permettre aux transformateurs de constituer les 80% restant de leurs besoins en matières premières. Ce financement, combiné au mécanisme de subvention d’achat prévu dans le dispositif, contribuera à renforcer la trésorerie des entreprises bénéficiaires et à sécuriser leurs opérations d’approvisionnement ».
Premier pays producteur mondial de noix brutes de cajou, la Côte d’Ivoire ambitionne de transformer 50% de sa production d’ici à 2030.
OSSÈNE OUATTARA





















