
Face à l’urgence climatique mondiale où les appels à la réduction de CO₂ dans l’atmosphère se multiplient en vue de sauver la planète, des mécanismes financiers sont mis en place par des organismes et institutions internationaux pour soutenir les initiatives écologiques. Conscient du rôle des plantations de cajou dans la séquestration du carbone, le Conseil coton anacarde karité veut se lancer sur le marché du carbone pour en capter les avantages. Il a fait appel à l’expertise de l’ONG Nitidae pour conduire une étude sur le potentiel de financement carbone dans la chaîne de valeurs anacarde en Côte d’Ivoire. La restitution des résultats a donné lieu à un atelier tenu ce mercredi 24 juin, Abidjan, en présence des partenaires techniques et financiers du régulateur de la filière anacarde. Rencontre couplée avec le lancement du processus d’élaboration d’un projet sur la production et l’utilisation de biochar issu des coques de cajou.
Au-delà de son importance économique, la filière anacarde présente un potentiel environnemental considérable, selon la Banque mondiale. Pour sa représentante à l’atelier, « les plantations d’anacardiers séquestrent du carbone, les sous-produits de transformation offrent des perspectives de valorisation énergétiques et industrielle, et l’adoption de pratiques agricoles durables peut contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre ». Raison pour laquelle l’institution financière internationale a apporté son appui à la réalisation de l’étude à travers le fonds du Compact with Africa Green Fund. « Grâce à cet appui, cette étude a permis d’analyser de manière approfondie les émissions de gaz à effet de serre générées tout au long de la chaîne de valeurs de l’anacarde, d’identifier les opportunités de réduction de ces émissions et, surtout, d’évaluer le potentiel de mobilisation de financements carbone au bénéfice de la filière », a expliqué Mélanie Ahoba.

Le Conseil coton anacarde karité avait déjà mené quelques actions dans le sens du développement durable. Notamment le développement de l’agroforesterie dans les vergers d’anacardiers et la construction d’un centre de valorisation des coques de noix de cajou à Yamoussoukro, dans le Centre du pays. Pour Berté Mamadou, directeur général de l’organe de régulation, l’atelier vient en complément. Au sens où « il a pour objectif de présenter aux acteurs de la filière les enjeux, les mécanismes et les potentialités du marché du carbone, ainsi que les opportunités de financement pouvant être mobilisées à travers la valorisation des crédits carbone ».
OSSÈNE OUATTARA





















