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mercredi 20 novembre 2019
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Patrice Talon appelle à un « dialogue politique » au Bénin en excluant des partis

Dans un communiqué de presse publié jeudi, la présidence de la République a invité une dizaine de formations politiques de l’Opposition dont l’existence légale est reconnue, « à prendre part au dialogue politique » du 10 au 12 octobre prochains. Le Bénin connaît depuis avril dernier une crise politique. Tous les partis ont été empêchés de prendre part aux élections pour élire les 83 députés, à l’exception des 2 qui soutiennent le président Patrice Talon.

Des violences postélectorales sont survenues dans plusieurs localités du pays, faisant plusieurs morts dans la seule ville de Cotonou. Ces derniers jours, des voix se sont élevées dans le pays pour mettre en garde le président contre une nouvelle tentative d’écarter les partis qui ne soutiennent pas son action pour les élections municipales et communales prévues en mars 2020. « La répétition du scénario que nous avons connu peut être une source de désordre », a averti, ce week-end l’ancien président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji.

Ancien partisan du président béninois, Adrien Houngbédji, dont le parti a été également empêché de prendre part aux élections, tient un discours de plus en plus amer contre le régime. « L’année 2019 est une année d’épreuves pour notre pays. Les violences du mois de mai et leurs séquelles sur la cohésion nationale sont encore dans tous les esprits. Notre pays a été la proie de l’intolérance », a-t-il déclaré.

Réaction de la FCBE de l’ex-président Boni Yayi

Le critère de l’existence légale désigne les participants, excluant donc le parti de l’homme d’affaires Sébastien Adjavon et celui de Candide Azannaï. La FCBE de Boni Yayi est invitée, mais le parti est secoué par des divisions.

La lettre invitant le parti au dialogue a été adressée à Paul Hounkpè, secrétaire exécutif de l’aile FCBE décriée par le camp Boni Yayi. Paul Hounkpè se dit favorable à un dialogue, mais il réclame un dialogue inclusif qui associe le parti de Sébastien Adjavon et celui de Candide Azannaï, le Parti communiste et la société civile. Ses préalables et ses revendications politiques parviendront à Patrice Talon lundi, par courrier, a-t-il confié à RFI.

Les fidèles de l’ancien président, Boni Yayi qui contestent Paul Hounkpè, ne disent pas autre chose. Parmi leurs exigences : « la reprise des élections législatives du 28 avril 2019, la libération des détenus politiques, le retour des exilés », explique Alassane Tigri, ancien ministre et membre du bureau politique. « Ces fondamentaux-là doivent se retrouver dans le dialogue et, sans ego, il faut essayer de rebondir ensemble ».

Alassane Tigri rajoute que rien n’oblige à organiser un dialogue le 10 octobre. Il annonce une réunion bureau politique pour lundi et suggère que le dialogue soit sous les auspices du clergé. Car pour lui, Patrice Talon ne peut pas être « juge et partie ».

FOFYE AKIMBONI




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