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jeudi 5 août 2021
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Le secteur tertiaire, moteur de la croissance

L’Agence sénégalaise de la statistique et de la démographie (ANSD) a ajusté ses estimations de l’activité du pays pour l’année 2019. Selon des données quasi-définitives, la croissance ressort à 4,4% en 2019, après une hausse de 6,2% en 2018. Certes l’année 2019 paraît déjà loin, mais elle témoigne du potentiel de croissance du Sénégal hors « choc » tel que celui subi en 2020.

La presse locale n’a pas manqué de faire observer que cette révision contraste avec la prétention affichée du gouvernement d’une croissance continue de 6% l’an au moins, durant 6 années consécutives. « Ce ralentissement s’est réalisé dans un contexte de hausse de 1,9% du niveau général des prix, après une dépréciation de 0,8% en 2018 », explique l’ANSD.

L’année 2019 est marquée par un ralentissement de l’activité économique mondiale, mais le maintien d’une activité dynamique dans la zone UEMOA (+5,8%), dans un contexte de maîtrise des prix. « Cette contraction des prix est en rapport avec la bonne campagne agricole réalisée dans plusieurs États membres et les mesures prises par les gouvernements pour un meilleur approvisionnement des marchés en produits alimentaires ».

En volume, la consommation finale et l’investissement (FBCF) ont enregistré, respectivement, des progressions de 3,7% et 8,4% en 2019 contre 4,5% et 13,7% en 2018. Les exportations ont progressé plus vite (+11,2%) que les importations (+5,3%). En conséquence, le solde des échanges extérieurs s’est amélioré en 2019. À noter le dynamisme non démenti de l’épargne des ménages (+17,7%) en 2019, après 16,8% en 2018.

Revenant sur le ralentissement de la croissance, « cette situation est consécutive au ralentissement de croissance des secteurs primaire (+4,5%), secondaire (+3,7%) et tertiaire (+4,6%) », explique l’ANSD. Le tertiaire contribuant à hauteur de 2,3 points à la croissance, contre 0,7 point pour le primaire et 0,9 point pour le secondaire. « Le secteur tertiaire demeure ainsi le moteur de la croissance économique compte tenu de son poids prépondérant et de son dynamisme », souligne l’ANSD.

La bonne tenue du secteur tertiaire est imputable à la performance des activités financières et d’assurance (+12,0%), du transport, des activités immobilières et de l’enseignement. « Le raffermissement des services financiers est impulsé par la bonne tenue des sous-secteurs bancaire et d’assurance qui se sont bonifiés de 8,3% et 23,1% entre 2018 et 2019 et d’un dynamisme des activités des auxiliaires financières et d’assurance ».

En matière d’emplois, la consommation finale (82,3% du PIB) a augmenté de 3,7% (-0,8 point). Cette tendance baissière a été atténuée par la consommation publique, en hausse de 5,5% en 2019. Schéma qui se retrouve pour la FBCF : l’investissement privé n’a augmenté « que » de 9,3% (contre +19,5% en 2018), tandis que l’investissement public a rebondi de 5,0% en 2019, après un repli de 3,1% en 2018. Cette progression intervient dans le contexte de poursuite des projets structurants. Notamment la finalisation du prolongement de la voie de dégagement nord et des travaux relatifs au Train express régional.

Concernant les échanges extérieurs de biens et services, ils sont caractérisés par la vigueur des exportations en valeur (+12,7%) et un ralentissement de croissance des importations (+5,5%). Voilà qui a permis de contenir le déficit commercial à 1.940,5 milliards de francs CFA contre 2.040,5 milliards en 2018.

Fin 2019, le Sénégal affichait un revenu national disponible de 14.505 milliards de francs CFA (+6,3%). Soit un revenu par tête d’habitant de 895.000  francs CFA (1.528 dollars).

PAULE FAX pour magazinedelafrique.com




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