
Le nord-ouest du Ghana, frontalier avec la région Bounkani en Côte d’Ivoire, est en proie à des violences communautaires sanglantes depuis dimanche 24 août. Les affrontements, qui ont éclaté à Gbiniyiri, dans le District de Sawla-Tuna-Kalba, ont fait une dizaine de morts et plus d’une vingtaine de blessés, dont des cas graves. Environ 15.000 personnes, femmes et enfants majoritairement, ont fui leurs domiciles pour trouver refuge ailleurs. Beaucoup ont été accueillies à Vonkoro, à 32 kilomètres de Bouna, la capitale régionale, en Côte d’Ivoire.
Ces violences font suite à un litige foncier. Selon plusieurs médias ghanéens, tout est parti de la vente d’un terrain par le chef de Gbiniyiri à un promoteur privé. Lorsque ce dernier a tenté de travailler sur la parcelle, certains membres de la communauté villageoise se sont opposés. Le chef et son fils sont alors allés auprès des protestataires pour évaluer la situation et ont été agressés physiquement. S’en sont suivi des attaques qui ont occasionné une dizaine de morts et beaucoup de destructions de biens. La maison du chef a été incendiée. Les violences se sont étendues aux villages voisins.

Ce jeudi 28 août, plusieurs personnes cherchant à fuir les affrontements pour trouver abri en Côte d’Ivoire se seraient noyées, après le naufrage de leur embarcation sur la rivière Volta Noire. L’accident s’est produit à Dinie Tuonbo, côté ghanéen, rapporte le journal Graphic.com.gh. Six personnes auraient été secourues par une équipe d’intervention, mais plusieurs autres sont portées disparues.
Le conflit a déplacé plus de 15.000 individus. Ceux qui se sont retrouvés à Vonkoro et à Galso, en terre ivoirienne, ont reçu des aides alimentaires du Conseil régional de Bounkani et de l’autorité coutumière de la région.
OSSÈNE OUATTARA





















