
Passée dans le giron du régulateur du coton et de l’anacarde à l’issue du Conseil des ministres de mercredi 23 avril 2025, la filière karité commence sa première année de formalisation avec l’annonce officielle, mercredi 13 août dernier, à Yamoussoukro (capitale politique de Côte d’Ivoire), du prix de vente bord-champ des amandes par le ministre de l’Agriculture. C’est donc parti la campagne de commercialisation du produit !
Le kilogramme d’amandes est fixé à 250 francs CFA minimum. Les autres prix de cession ont été rendus publics par le Conseil du coton et de l’anacarde à travers une note d’information adressée aux « acteurs et intervenants de la filière karité » et publiée ce 20 août. En magasin intérieur, le kilogramme d’amandes devrait s’acheter à 275 francs CFA. Magasin usine : 305 francs CFA. Et 335 francs CFA en entrepôt portuaire.
L’organe de régulation émet cependant une restriction. « La période du 18 août au 30 septembre 2025 est exclusivement dédiée aux transformateurs locaux pour leur permettre de s’approvisionner en priorité avant l’ouverture du marché aux exportateurs », précise la note.
Selon le ministre de l’Agriculture, Kobenan Adjoumani, « la filière karité représente un enjeu économique et social important pour les communautés rurales, en particulier pour plus de 152.000 femmes ».Le karité constitue pour elles une source essentielle de revenus et un levier de résilience face à la pauvreté. Mais la filière fait face à plusieurs défis. Notamment la fluctuation non maîtrisée des prix bord-champ de l’amande, des circuits de commercialisation informels, une faible organisation des acteurs.
En prenant en main la gestion de la filière, l’État ivoirien veut mieux capter les importantes devises que génère un secteur agricole à fort potentiel. En effet, « la demande mondiale en beurre de karité et produits dérivés connaît une croissance. Une demande portée principalement par l’industrie cosmétique, pharmaceutique et agro-alimentaire », a expliqué le ministre. Indiquant que le marché de matières grasses équivalentes au beurre de cacao – intégrant le beurre de karité – était évalué à 2,4 milliards de dollars en 2024. Il devrait atteindre 3,7 milliards de dollars d’ici à 2030.
OSSÈNE OUATTARA





















