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samedi 19 octobre 2019
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Indignation au Burkina Faso après la mort de 11 personnes dans les locaux de la police

Interpellés dans le cadre d’une opération de lutte anti-drogue le 15 juillet 2019, ces Burkinabè sont morts quelques jours plus tard en détention à Ouagadougou. Un drame pour leurs familles. La cause du décès reste inconnue.

Les familles ne décolèrent pas, malgré les sanctions prises par les autorités de Ouagadougou pour calmer les esprits. Après le décès en garde à vue le 15 juillet dernier de 11 personnes, interpellées par la police lors d’une opération de lutte anti-drogue, la directrice de la police judiciaire a été limogée. Mais le geste est insuffisant pour les parents, frères et sœurs des victimes, qui demandent à ce que la justice du pays fasse la lumière sur cette affaire.

Le drame leur a été annoncé précautionneusement, alors que certaines familles ne savaient même pas que leur proche avait été interpellé. Elles n’ont pas non plus pu voir les corps des défunts, l’accès leur en ayant été interdit par les autorités. « Il n’y a pas eu un seul constat, personne de la famille n’a vu le corps avant que l’autopsie ne commence », se désole Flavien Dima, frère de Narcisse Dima, une des victimes. 

Le ministre en charge de la Communication a, mercredi 17 juillet, présenté ses condoléances aux familles des victimes et annoncé qu’une enquête avait été ouverte par la procureure. Des médecins légistes ont été engagés dans le cadre de l’enquête, afin d’effectuer les examens et autopsies nécessaires.

Trafic de drogue

Le Burkina Faso est l’une des plaques tournantes du trafic de drogue vers l’Europe. En provenance des ports d’Afrique de l’Ouest, elle prend ensuite la direction du Nord vers le désert malien et libyen.

En juin dernier, les autorités ont procédé à l’incinération de 35.300 tonnes de drogue, représentant le quart des saisies de l’année 2018, selon le secrétariat permanent du comité national de lutte contre la drogue.

Plusieurs hypothèses avancées

Pour Urbain Yameogo, directeur exécutif du centre de formation en matière de droits humains à Ouagadougou, la surpopulation carcérale peut être à l’origine de la mort par suffocation des personnes interpellées. L’homme pointe du doigt les conditions carcérales déplorables dans lesquelles ont été détenues les victimes. « Une trentaine de personnes auraient été incarcérées dans une cellule prévue pour 12 personnes », a-t-il dénoncé sur la chaîne France24. C’est « un drame suffisamment grave qui doit nous interpeller et interpeller les autorités publiques au plus haut niveau (…). Il faut que justice puisse se faire », a conclu le défenseur des droits de l’homme.

La violence des forces de sécurité du pays a également été mentionnée comme ayant pu mener aux décès. Mais aucune preuve dans ce sens n’a été apportée.

Le gouvernement burkinabè mène depuis plusieurs années une lutte anti-terroriste sur son territoire et a été accusé à plusieurs reprises de mener dans ce cadre une répression abusive. Notamment, à travers des exécutions sommaires de suspects.

FOFYE AKIMBONI




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