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samedi 6 juin 2020
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Traque mondiale contre 7 fugitifs accusés par INTERPOL de « crimes contre l’environnement »

INTERPOL mène depuis ce mardi 4 juin 2019 une initiative rarissime dans son histoire. Elle a en effet lancé un appel à témoins visant à obtenir des informations sur 7 criminels recherchés pour des crimes contre l’environnement. Ce mercredi marque d’ailleurs la journée mondiale de l’environnement. 

Cet appel public, très rare de la part de l’organisation basée à Lyon, vise 7 personnes faisant l’objet de « notices rouges », les demandes d’arrestation en vue d’extradition émises par INTERPOL sur demande de ses pays membres.  « Selon les services de police de ces pays, les criminels ont été impliqués dans plusieurs types de crimes contre l’environnement, comme l’exploitation illégale du bois, le braconnage ou le trafic d’ivoire notamment », a détaillé à l’AFP le directeur exécutif d’INTERPOL, Tim Morris.

Une adresse mail 

Cet appel concerne Guo Qin Huang et Muk Nam Wong, recherchés par la Chine pour trafic d’espèces protégées; Nicholas Mweri Jefwa et Samuel Bakari Jefwa, traqués par le Kenya pour trafic illégal de trophées de chasse et crime organisé; Ergest Memo et Taulant Memo, recherchés en Grèce pour exploitation illégale de bois; ainsi que Bhekumusa Mawillis Shiba, pourchassé pour crimes contre la faune par le Royaume d’Eswatini. « INTERPOL en appelle à la communauté mondiale: ces individus doivent habiter quelque part, ils doivent voyager, se déplacer, socialiser. Quelqu’un sait où ils se trouvent et nous demandons au public de nous aider à les traduire en justice », a exhorté Tim Morris, en prélude à la Journée mondiale de l’environnement.
    
Les personnes détenant des informations sur ces individus sont invitées à les communiquer à l’adresse fugitive@interpol.int. « Nous savons que les crimes contre l’environnement génèrent d’énormes sommes d’argent, entre 100 et 300 milliards de dollars par an », a expliqué Tim Morris. Le patron de l’organisme international de coopération policière ajoute : « Il y a du blanchiment, de la corruption ainsi que des délits financiers, de la violence et des meurtres associés à ce type de criminalité. Donc il est très difficile d’avoir une estimation exacte des montants brassés par ces criminels. Ce que nous savons, c’est que les profits sont énormes et que le coût pour l’environnement est insupportable ».

50.000 « notices rouges » 

Dans un communiqué, INTERPOL rappelle par ailleurs que « les frontières n’arrêtent pas les crimes environnementaux, qu’il s’agisse du trafic d’ivoire et de la surpêche des espèces protégées à l’exploitation illégale des forêts et au déversement de déchets dangereux ». Le dernier appel de ce type avait été lancé en 2007 et avait mené, 11 jours plus tard, à l’interpellation en Thaïlande d’un enseignant canadien, condamné ensuite pour avoir enlevé et abusé d’un mineur.
    
Ces rares appels ne concernaient jusqu’à présent que des suspects recherchés pour pédophilie. Mais à l’avenir, INTERPOL souhaite y avoir davantage recours.

FOFYE AKIMBONI




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