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samedi 19 octobre 2019
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Sommet extraordinaire de la CEDEAO à Ouagadougou : Un plan de lutte contre le djihadisme d’1 milliard de dollars

Pour le président du Faso, la coopération entre États pour lutter contre le terrorisme ne se pose plus en termes de devoir de solidarité, mais bien plus comme un impératif d’intérêt commun

Réunis ce samedi 14 septembre à Ouagadougou pour un Sommet extraordinaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur la lutte contre le terrorisme, les présidents ouest-africains ont annoncé un plan de lutte contre le djihadisme d’1 milliard de dollars sur 4 ans. « Les débats nous ont permis d’adopter des décisions très fortes. La conférence, élargie au Tchad et à la Mauritanie, a adopté un plan d’action et de mobilisation de ressources à hauteur d’1 milliard de dollars pour la lutte contre le terrorisme », a annoncé le président nigérien, Mahamadou Issoufou, à la clôture du Sommet.

Le plan et son budget, qui fait appel uniquement à des ressources internes, seront présentés en décembre lors du prochain Sommet de la CEDEAO à Abuja. L’argent qui sera versé dans un « pot commun » servira notamment à « renforcer les capacités opérationnelles » des armées nationales ainsi que des « forces conjointes » comme le G5 Sahel ou la Force multinationale mixte du Bassin du lac Tchad. « Le G5 est loin d’être mort. Le communiqué final du Sommet montre bien le soutien de la CEDEAO au G5 Sahel et à la Force mixte du Bassin du lac Tchad », a souligné le président nigérien, président en exercice de la CEDEAO.

Dès l’ouverture du Sommet, le président de la Commission de la CEDEAO, l’Ivoirien Jean-Claude Brou, a planté le décor en évoquant les « 2.200 attaques ces 4 dernière années, les 11.500 morts, des milliers de blessés, des millions de déplacés, une activité économique considérablement affectée, des conflits intercommunautaires exacerbés au Sahel et une menace qui s’étend au Sud ».

Mandat plus « offensif » pour la MINUSMA

Le président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, a souligné que « les menaces transcendent les frontières. Aucun pays n’est à l’abri », rappelant que « l’escalade de la violence a déclenché une crise humanitaire sans précédent au Sahel » et que « des écoles et infrastructures de santé ont été fermées et des symboles de l’État détruits » dans son pays.

La force multinationale (Mauritanie, Mali, Burkina, Niger, Tchad) qui devait comprendre 5.000 hommes a été au centre des interrogations lors du Sommet.  Les résultats du G5 sont pour le moment très minces, selon plusieurs analystes. « Quel est le résultat opérationnel du G5? Le peu qui a été décaissé en sa faveur a servi en frais de réunion, d’hôtels, de fonctionnement. Le G5 est presque à genoux », soulignait Mahamadou Savadogo, chercheur au CERRAD (Carrefour d’études et de recherche d’action pour la démocratie et le développement). « La MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali, NDLR) et le G5 Sahel ne suffisent pas. Nous devons trouver des moyens de coordination plus élargis et plus efficaces », avait estimé le président ivoirien, Alassane Ouattara.

Dans les conclusions du Sommet, la CEDEAO réclame aux Nations Unies un mandat plus offensif de la MINUSMA. Mandat qui « puisse permettre de lutter contre le terrorisme », a indiqué le chef de l’État nigérien. L’organisation ouest-africaine va aussi solliciter la Banque mondiale et le FMI pour que les dépenses sécuritaires soient « considérés comme des investissements » et solliciter les bailleurs de fonds occidentaux et arabes pour mieux lutter contre le djihadisme.

FOFYE AKIMBONI




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