Search
jeudi 16 juillet 2020
  • :
  • :

Bénin: Mobilisation populaire des médias ouest-africains pour la libération du journaliste Ignace Sossou

Deux mois et demi après son arrestation et sa condamnation à 18 mois de prison ferme, alors que les preuves de son innocence ont été rendues publiques depuis plusieurs semaines, le journaliste Ignace Sossou est toujours en prison. Son procès en appel n’a pas débuté. Dans une tribune commune inédite à laquelle se joint Reporters sans frontières (RSF), plus d’une centaine de médias et journalistes d’Afrique de l’Ouest demandent sa libération.

Le journaliste d’investigation et directeur de production de Bénin Web TV a été condamné le 24 décembre 2019 à 18 mois de prison ferme pour « harcèlement par le biais de moyens de communication électronique ». Il avait été interpellé 4 jours plus tôt après avoir relayé sur les réseaux sociaux des propos du procureur de la République de Cotonou tenus au cours d’un atelier de travail organisé par l’Agence française de développement médias (CFI). La publication des déclarations exactes du procureur, révélées par un communiqué de l’agence française le 2 janvier, a permis d’établir très clairement que le journaliste a repris mot pour mot les expressions utilisées par le magistrat au cours de cet atelier, sans aucunement détourner le sens du message exprimé. « Cet élan de soutien de la part des médias et journalistes ouest-africains est le témoignage d’une grande préoccupation pour les professionnels de l’information dans la région. Pour la première fois au sein de la CEDEAO [Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, NDLR], un journaliste est condamné et emprisonné pour avoir relayé sur les réseaux sociaux des propos d’intérêt public qui ont bien été tenus. Il est emprisonné pour avoir fait son métier », estime Assane Diagne, directeur du bureau Afrique de l’ouest de RSF.

Pour Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF, « deux mois et demi après sa condamnation et alors que chacun a pu constater que ce journaliste n’avait commis aucune infraction, il est difficile de comprendre qu’aucun procès en appel ne se soit ouvert afin qu’il puisse être libéré. Comme le soulignent les rédactions et journalistes signataires de cette tribune, la détention de ce journaliste choque au-delà du Bénin. Trois tweets citant une personnalité publique ne devraient pas pouvoir conduire un journaliste en prison. Sa libération devrait être une priorité pour les autorités ».

En 2019, RSF a placé le Bénin 96ème sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse.




Laisser un commentaire

Arabic Arabic English English French French Portuguese Portuguese Spanish Spanish