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mercredi 20 novembre 2019
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Une nouvelle crise politique menace la tenue de la Présidentielle de novembre en Guinée-Bissau

Le président José Mario Vaz (à droite) avec son nouveau Premier ministre, Faustino Imbali

Le président de Guinée-Bissau a limogé lundi le gouvernement dirigé par le Premier ministre Aristides Gomes, plongeant ainsi le pays dans une nouvelle crise qui pourrait compromettre la tenue de la présidentielle du 24 novembre prochain. Faustino Fudut Imbali (ancien ministre des Affaires étrangères) a aussitôt été nommé nouveau chef du gouvernement.

Le président José Mario Vaz a justifié sa décision par le refus du Premier ministre de prendre part à une réunion du Conseil d’État qu’il a convoquée pour examiner la situation politique du pays. Pour le président, il s’agit d’une grave crise politique qui met en cause le « fonctionnement normal des institutions de la république ». Mais le gouvernement a affirmé qu’il ne respecterait pas son limogeage « illégal ».

Le décret présidentiel nommant Faustino Fudut Imbali nouveau Premier ministre

Samedi dernier, le chef de l’État a reproché au gouvernement d’avoir aggravé la discorde et la méfiance à l’égard du processus de préparation de l’élection présidentielle, avec la répression d’une manifestation non autorisée, qui a provoqué la mort d’un opposant. « La violence meurtrière de la répression policière contre une marche pacifique de citoyens constitue une menace pour la sécurité et pour le processus de préparation à l’élection présidentielle », a déclaré José Mario Vaz dans un message à la nation. « Un gouvernement qui non seulement ne garantit pas la sécurité des citoyens, mais également met en danger de manière abusive la sécurité et l’intégrité physique de nos frères, ne sert pas les intérêts de la nation bissau-guinéenne », a-t-il indiqué.

Lors d’une conférence de presse tenue dimanche, le Premier ministre Aristides Gomes a déclaré que la personne décédée n’était pas victime d’affrontements avec les forces de sécurité et qu’une enquête était en cours pour déterminer le lieu de sa mort. Le chef du gouvernement a dénoncé des « menaces sérieuses » à la stabilité du pays et a critiqué la position du président de la République qu’il a accusé de condamner sans preuve.

La manifestation non autorisée organisée par l’opposition avait pour but de réclamer la transparence de la révision du fichier électoral. Avant cette manifestation, le chef du gouvernement a dénoncé une tentative de coup d’État impliquant l’ex-Premier Ministre Umaro Sissoco Embalo, candidat à la Présidentielle, soutenu par le Mouvement pour l’alternance démocratique (MADEM). Ce dernier a nié ces accusations.

Lundi, le Premier ministre a expliqué qu’il ne participerait à aucune réunion du Conseil d’État, parce que cet organisme consultatif est caduc et que le président est un candidat à la Présidentielle et son mandat a pris fin il y a 4 mois. Il a fait cette déclaration après une réunion avec des représentants d’organisations internationales et d’ambassades résidant dans le pays dans le but de les informer des éventuelles menaces de renversement du gouvernement.

Le mandat du président a pris fin en juin. Cependant, le Sommet de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) tenu le 29 juin a décidé que José Mario Vaz resterait en fonction jusqu’à l’élection d’un nouveau président, mais la gestion du pays sera confiée au Premier ministre Aristides Gomes.

La communauté internationale, notamment l’Union africaine (UA), l’Union européenne (UE) et les Nations Unies (ONU), a exigé le respect intégral de l’accord de Conakry, qui a conduit à la nomination d’Aristides Gomes en 2018. Le nouveau Premier ministre à, quant à lui, promis de « faire tout pour respecter la date des élections fixée au 24 septembre ».




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