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mercredi 21 août 2019
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Des conseillers militaires russes bientôt en Guinée-Bissau

Selon le journal russe Vzgliad, des conseillers militaires russes vont être envoyés en Guinée-Bissau. Les ministères de la Défense de la Russie et de la Guinée-Bissau ont signé, mardi 25 juin, un accord de coopération dans le secteur de la défense. « Il permettra de développer nos relations dans le domaine militaire », a noté le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, pendant un entretien avec Eduardo Da Costa Sanha, son homologue de la Guinée-Bissau.

Sergueï Choïgou a précisé que les relations entre les 2 pays sont riches d’une longue histoire. Les détails de l’accord n’ont pas été révélés, et les propos du ministre russe sont restés dans le cadre du langage diplomatique. Mais, selon Vzgliad, la première étape de la coopération avec ce pays la Guinée-Bissau impliquera l’envoi à Bissau (la capitale) de conseillers russes afin de mettre au point le processus de formation des militaires de l’armée nationale. 

Le fait est que l’armée de la Guinée-Bissau est unique de par sa composition, son armement et son expérience. Difficile de trouver un équivalent dans le monde. Les effectifs des forces armées, en fonction de la saison, varient entre 3.500 et 6.000 hommes. Elles comptent également 2.000 gendarmes dotés d’armes légères. Sur le papier, l’armée se compose de 5 bataillons d’infanterie et d’1 bataillon d’artillerie, d’1 escadron blindé, d’une compagnie de génie et de reconnaissance.

Le pays dispose de blindés : 10 chars T-34-85 qui avaient participé à la prise de Berlin, entre 10 et 20 chars légers amphibies PT-76 (un matériel très utile dans la situation du pays), 16 blindés de transport de troupes BTR-40, 20 véhicules blindés chinois sans pièces, et quelques autres. Le seul engin capable de voler est un hélicoptère Mi-8 rapiécé, entretenu néanmoins par 100 militaires de l’armée de l’air. 

La situation de la flotte reste comparable avec 6 anciens escorteurs américains, un dragueur de mines allemand Kondor peu opérationnel (datant du 3ème Reich) et 4 torpilleurs soviétiques du projet 206 Chtorm. En tout, du matériel obsolète.

L’armée exerce pourtant une influence décisive sur la vie de ce petit pays. Après avoir obtenu son indépendance en 1974, les coups d’État militaires en Guinée-Bissau ont été plus fréquents que partout ailleurs en Afrique. En grande majorité, la tribu Balante, qui représente moins de 20% de la population, tient l’armée nationale. Pratiquement tous les coups d’État et les guerres civiles qui ont éclaté dans le pays étaient uniquement liés aux différends raciaux et tribaux, et non à la position politique des belligérants.

La Guinée-Bissau est l’un des pays les plus difficiles d’Afrique. La mission des premiers conseillers militaires russes sera d’abord une mission de « reconnaissance ». 

FOFYE AKIMBONI




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